Médiation par les pairs

Sommaire
 
Présentation
 
Repères
 
Fiche-action
Documents
Paroles d'élèves
Paroles d'animateur
Cadrage de la médiation
 
Mettre en pratique
 
Bibliographie sélective
 
À propos
 
Présentation
La violence dans les établissements scolaires, malgré des faits divers hyper médiatisés, n’est en général pas constituée d’actes de délinquance graves. Il s'agit plus de petites violences quotidiennes et d’incivilités (rumeurs, bousculades, insultes, brimades, moqueries, humiliations, bagarres...), des « micro-violences », selon l’expression de E. Debarbieux1. Elles créent pour certains un climat d’insécurité pouvant être perçu et vécu parfois comme une véritable violence.

Ida Naprous : La médiation, une réponse aux micro-violences
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Le collège Anne-Frank, inscrit en éducation prioritaire, a encouragé, parmi les dispositifs alternatifs au « modèle disciplinaire », la médiation scolaire avec la participation d’élèves volontaires. Ainsi, il a ouvert, à la rentrée 2004, un atelier hebdomadaire animé par un professeur d'éducation civique2 ayant suivi une formation universitaire3 à la médiation.

Ce dossier se propose d'expliciter « la médiation par les pairs » en s'appuyant sur cette expérience. Il fournit, par ailleurs, des pistes aux enseignants et à leur établissement afin qu'ils puissent s’approprier les approches et les pratiques de la médiation par les pairs. Une bibliographie comprenant des sites commentés nourrira les pratiques et la réflexion.

La médiation est un processus coopératif qui tend à faciliter la résolution non violente d'un conflit ou à le prévenir par le truchement d’un tiers appelé médiateur. Le médiateur aide les parties (appelées médiés) à communiquer, favorise les conditions du dialogue afin qu’elles recherchent une issue constructive.
En surmontant les désaccords, on s’efforce alors d'établir de nouvelles relations, de nouvelles solidarités, en un mot de « reconstruire le lien social » (Bonafé-Schmitt).

Dossier créé en septembre 2006.

Repères
Cadre théorique
La médiation se situe au carrefour de plusieurs grands courants de pensée : l’approche non directive de Carl Rogers1, la théorie de la communication de Gregory Bateson2, la démarche systémique de l’école de Palo Alto avec Paul Watzlawick3, enfin la théorie de la négociation raisonnée de Fisher et Ury4.
L’idée de base est qu’il n’y a pas de vie sans conflit ; qu’un conflit n’est ni négatif ni positif. Un conflit, né d’une confrontation de besoins ou de valeurs, vécu comme un danger, une souffrance, est aussi une opportunité de changement. La médiation permet donc de transformer le conflit et, à travers lui, de se transformer 5.

La médiation « par les pairs » en milieu scolaire signifie que les médiateurs sont des jeunes du même âge ou à peine plus âgés, formés à la médiation, mais avec le même statut d’élèves. Les élèves-médiateurs vont proposer leur aide lors de disputes ou de bagarres, ou à des victimes de violence.
Des élèves expliquent la médiation par les pairs
C’est quoi la médiation par Nicolas
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Racines du conflit par Valentin et Klaar
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Les besoins par Nola
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Les règles de la médiation par Noémie
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L’espace de la médiation par Clémence
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Les phases de la médiation Benjamin S
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Pratiques de la médiation par les pairs en France
Des expériences de terrain ont été développées dans les années 90, à l’initiative d’associations de prévention, tel le centre de médiation et de formation à la médiation (CMFM) de Paris, créé par Jacqueline Morineau6.

La médiation est aussi expérimentée par deux enseignantes de la banlieue parisienne, Babeth Diaz et Brigitte Liatard, auteures de « Contre violence et mal-être, la médiation par les élèves » (voir bibliographie) et fondatrices de Génération médiateurs. La pratique de la médiation par les pairs, « enseignée comme une véritable matière »7, particulièrement aux États-Unis, les a encouragées à introduire cette méthode en France.
Par ailleurs, dans la région Rhône-Alpes, une recherche-action de grande ampleur a été menée dans des établissements scolaires de trois ZEP sous l’égide de Jean-Pierre Bonafé-Schmitt, chercheur au CNRS, auteur de La Médiation scolaire par les élèves (voir bibliographie).


Fiche-action
Un atelier hebdomadaire de médiation par les pairs est proposé au collège Anne Frank à l'initiative d'Ida Naprous, professeur d'éducation civique. Cette expérience originale s'inscrit dans le cadre du projet d'établissement et de la charte du collège, du Comité d'éducation à la santé et la citoyenneté, de la politique de la Ville de Paris.

Niveau : collège
Académie : Paris
Département : Paris
Introduction
Il arrive que des élèves viennent faire part de leurs problèmes. Ils demandent alors aux adultes en qui ils ont confiance, le plus souvent à la conseillère principale d'éducation, d'intervenir pour gérer des conflits qui sont en train de dégénérer et qui les dépassent. Prendre en compte ces demandes était important, car nous savons par expérience qu'un problème non traité resurgit, amplifié, ultérieurement.
Les élèves concernés
L'atelier est ouvert à tous les élèves (entre 15 et 20) de la 6e à la 3e. Ces élèves ont pour objectif de s'initier à la gestion de conflit et à l'approche de la médiation pour eux-mêmes ou pour devenir médiateurs au sein de leur établissement.

Des élèves expliquent pourquoi ils se sont inscrits à l’atelier de médiation.
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Des élèves en co-médiation.
Objectifs pédagogiques
  • Apprendre à se connaître, à connaître l’autre et à communiquer de manière empathique, à développer l’estime de soi.
  • Prendre conscience de la nécessité des règles, inscrites dans la charte de vie du collège, afin d’intégrer le rapport à la loi, le rapport au droit.
  • Apprendre à prévenir et gérer les conflits en s’appropriant les valeurs, les méthodes et pratiques de la médiation.
  • Contribuer à une véritable éducation à la citoyenneté et au développement durable grâce à l'acquisition de compétences sociales.
Déroulement des séquences
Le cycle de formation se déroule en cinq phases et comprend une vingtaine de séquences hebdomadaires d'une heure à l’issue desquelles les apprentis médiateurs ont une approche et une pratique de la médiation.

Benjamin explique le travail en classe.
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Première phase : présentation et organisation
Nous partons des représentations des élèves sur ce qu'est pour eux communiquer et médier, tel est le but du portrait chinois (si la médiation était un animal, ce serait...). La créativité est dès le début sollicitée. Puis, nous distribuons des rôles pour la vie de l’atelier afin de responsabiliser les apprentis médiateurs.
Deuxième phase : le jeu de l'île  (apprendre à vivre ensemble)
Des équipes de 5 à 6 élèves mettent en situation la survie sur une île après un naufrage. Il faudra élire un chef, répartir des rôles, rédiger une charte, gérer des conflits, organiser la vie quotidienne… À la fin de cette phase, c'est le temps de l'analyse : les modalités de fonctionnement ont-elles été respectées, et l'objectif de survie atteint ? Quels ont été les conflits ? Comment ont-ils été gérés ?
Troisième phase : la communication non violente et ce qui se passe dans un conflit
Les élèves apprennent à distinguer les faits observés des jugements, à prendre en compte leurs émotions et leurs besoins ainsi que ceux des autres, en particulier dans une situation de conflit. Des jeux de rôles sont pratiqués au cours de cette phase.
Quatrième phase : la médiation
Supervisés par la médiatrice adulte, les élèves qui ont déjà suivi l’atelier présentent aux nouveaux le cadrage, les phases et les techniques de la médiation, le rôle du médiateur ou de la médiatrice. À travers des mises en situation, la créativité et l'imagination s'exercent au service d'une résolution de conflit sur le mode "gagnant -gagnant". Enfin, une charte de médiateur est élaborée ensemble.
Deux élèves en co-médiation
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Cinquième phase : désignation des médiateurs- médiatrices
L'animatrice de l'atelier clôt celui-ci en proposant la désignation d'élèves (volontaires) qui sont jugés aptes à intervenir pour aider à résoudre des conflits au collège1, reconnaître leur engagement dans la formation et leur action en faveur de la citoyenneté. Ces élèves acquièrent le statut de médiateur ; il leur est remis un diplôme et aux autres une attestation.
Prolongement de l’atelier médiation
Une dizaine de jeunes déjà sensibilisés à la médiation en 2004-2005 poursuivent pour la plupart cette formation depuis la rentrée 2005.

Par ailleurs, trois élèves de 6e (2 filles et 1 garçon), très engagés dans l'atelier, se retrouvant en conflit et ayant essayé de le résoudre par eux-mêmes, en vain, ont sollicité madame Naprous, pour une médiation. Cette médiation a duré onze séances. Lorsque des blocages ont été perçus, la médiatrice a proposé aux élèves des entretiens individuels qu'ils ont acceptés. Ils ont révélé la réactivation de conflits plus anciens qui n'avaient pas été réglés et qui empêchaient le bon déroulement du processus de médiation.
Ils ont pu ensuite accompagner avec succès d'autres élèves en conflit dans leur recherche de solution.
En point d'orgue, ils ont présenté la médiation qu'ils ont pu expérimenter eux-mêmes (médiateur et médiés) au cours d'une soirée organisée par l'atelier.
Témoignages
Des témoignages, transcrits dans les documents pointés ci-dessous, rendent compte de l’intérêt des élèves pour la médiation, ainsi que d'un animateur qui souhaite développer cette approche dans le cadre de la politique de la Ville de Paris pour le centre de ressources citoyennes :
> Paroles d'élèves
> Parole d'animateur
Perspectives : développer la médiation
Il s'agit de faire connaître à l'ensemble de la communauté éducative du collège la médiation afin que d'une activité périscolaire elle devienne une approche d'établissement. La charte élaborée avec les élèves de l’atelier sera diffusée au collège pour les élèves et les adultes.

Un projet de formation pour les adultes et les enfants volontaires dans deux écoles primaires voisines du 11e arrondissement, à l'initiative de deux directrices2, est en cours de rédaction. Madame Naprous interviendra dès l’année 2006-2007 avec le centre de ressources citoyennes de la mairie de Paris pour créer une véritable culture de dialogue et de négociation à l'échelle du réseau.
Évaluation
Une évaluation sera effectuée en juin 2006 pour mesurer l’impact de l’action pour le collège. On interrogera l'ensemble des acteurs de la communauté scolaire ainsi que les parents d'élèves pour voir comment la médiation est perçue.
Financement de l'atelier
L'animation de l’atelier médiation est rémunérée par l'inspection académique (chapitre indemnitaire 3195) en heures supplémentaires, équivalant à ½ HSA. Par ailleurs, la DAFPEN de Paris, dirigée par M. Magliulo, a assuré 10 % du financement de la formation-action suivie par Ida Naprous, ce qui représente déjà un effort notable.
Conclusion
La médiation scolaire favorisant la découverte et l'affirmation de la personnalité, on peut faire le pari qu'on donne aux élèves l'envie de mieux réussir leurs apprentissages. On peut aussi parier que si des adolescents rencontrent un jour la médiation, ils sauront mieux prévenir3 et gérer les conflits et ainsi grandir et construire leur avenir.

Documents
Paroles d'élèves
Les élèves de l’atelier
« J’ai appris comment résoudre un conflit. »

« En tant que déléguée de classe, ça m’a apporté quelque chose. J’essaie de régler le conflit avec ma sœur autrement qu’en se bagarrant et en se criant dessus. »

« Apprendre à régler un conflit, c’est pas si facile que ça ! »

« Régler les conflits de cette manière, c’est intéressant. C’est difficile, j’aime bien les choses difficiles. »

« J’ai voulu voir comment c’était. Sur l’année, c’est bien. Même si je pratique pas, ça peut toujours servir. »

« On apprend à connaître les autres, un peu. »

« J’ai entendu parler de la médiation par mon père qui est médiateur à la mairie. Je voulais savoir comment résoudre un conflit. »

« Je suis plutôt grande gueule. Dans la médiation, c’est un travail de longue haleine. C’est une autre solution mais j’aurais pas la patience. »

« Je suis venue par curiosité. Ça m’a permis d’ajouter un atout à mon jeu. Mes parents pourraient faire de la médiation. »
Paroles d’élèves après neuf séances de médiation
Trois élèves en co-médiation

Clémence : « La médiation, aussi bien au cours des séances que dans les entretiens séparés, ça aide à régler un conflit, à mieux se comprendre. C’est utile dans la vie de tous les jours. »

Noémie : « La médiation m’a aidée. J’ai l’impression de mieux me comprendre, ce que j’ai vécu, ce qui va arriver plus tard. »

Benjamin :  « Ça m’a aidé à ne pas étouffer les conflits, à en parler. On purifie l’eau sale. Je me sens nettoyé : on nettoie les gros déchets. En entretien séparé, on enlève les microbes. On les enlève car l’eau est empoisonnée. »

Clémence : « Ça fera partie de notre vie. »
Paroles d'animateur
« C’est avec la forte conviction de devoir développer et soutenir les projets relatifs à la gestion du conflitquotidien par la médiation que je suis sorti de la réunion du lundi 23 janvier 2006. À l’écoute des divers témoignages des collégiens et collégiennes présent(e)s, il est indéniable que la prise en charge par eux-mêmes de la gestion du conflit quotidien, leur permet de progresser dans bien des domaines (assurance personnelle, capacité à relativiser la violence des situations, développement du lien social, etc.). Par ailleurs, je me suis dit que si les jeunes avaient besoin de participer à une structure de médiation de ce type, c’est qu’il y avait peut-être un manque à combler du côté de la question : comment répondre à la violence quotidienne au collège ? Ce qui semble caractériser l’action de médiation, c’est qu’elle peut permettre aux jeunes, outre de surseoir à la violence, de rétablir du lien humain, là où il n’y en avait peut-être pas assez. J’ai cru sentir chez les collégien(ne)s présent(e)s la nécessité d’affirmer l’importance de ce lien humain (au sens humaniste du terme), base incontournable à la construction du vivre ensemble. Ces quelques premières constatations suffisent à soutenir et développer ce type de projet. »
Cadrage de la médiation
La mise en place du cadre
Dès les premiers moments de la rencontre de médiation, le médiateur fixe le cadre qui assure les points de repères et les limites de la situation. Il s’agit du lieu, de l’espace, du temps, de la place des acteurs, de la règle de non-agression, de la responsabilité de chacun dans l’issue constructive, donc du rôle du médiateur.
Le cadre spatial
L’espace intermédiaire de la rencontre de médiation est organisé de manière rigoureuse et accueillante afin d'instaurer la confiance et la sécurité indispensables aux médiés et au médiateur.
Il consiste à placer les tables de telle manière que les médiés se retrouvent face au médiateur. De plus, les médiés sont invités à s’asseoir sur le même plan, avec la distance que le médiateur jugera juste, celle aussi qu’ils acceptent. Dans ce cadre, l’expression du conflit est d’abord favorisée, d’où un certain éloignement physique lors des premières phases, pour laisser place spontanément, à la fin du processus, à un rapprochement dans l’espace, donc un nouveau mode de communication puis d’interaction. Chaque médié fait alors, dans ce territoire, l’expérience du passage de la séparation à « la reliance » (de Peretti).
Le cadre temporel
Le médiateur fixe le temps de la séance (entre un quart d'heure et une demi-heure pour la médiation scolaire) mais pas le nombre de séances. Car la médiation se joue dans « l’ici et maintenant », de manière ponctuelle et limitée dans le temps. C’est un temps hors temps qui, par la parole et la reformulation, transforme la rupture en réunion dans une logique gagnant-gagnant.
Le rôle du médiateur, de la médiatrice
Le médiateur assure le cadrage de la rencontre de médiation. Il doit respecter des règles strictes : il n’a aucun pouvoir si ce n’est d’être le garant impartial du bon fonctionnement du processus (il est le catalyseur qui va permettre la communication et la recherche d'une solution). Il doit s’assurer qu’il y a consensus entre les médiés, c’est-à-dire que chacun est bien d’accord pour entreprendre une médiation. Il veille enfin au respect de la confidentialité des propos. Ainsi, il est le passeur qui peut s’effacer lorsque la solution a été trouvée entre les parties en conflit.
Les phases du processus de médiation
Le processus de la médiation se déroule en quatre phases.
La mise en relation orientée vers la compréhension mutuelle
Le médiateur est alors entre l’écoute individuelle, en présence de l’autre, et la communication directe qui prépare la phase suivante. Il reformule en faisant un effet miroir.
La recherche du sens
Cette phase est celle de la clarification des rôles et des places de chacun dans le conflit et avant le conflit.
La gestion du possible
C’est le moment de la suggestion de propositions et de l’évaluation de leur faisabilité. C’est le début de la reconnaissance de l’autre.
L’accord
Il se construit en plusieurs étapes. Entente sur la situation, reconnaissance des désaccords, et accord mutuel final. C’est un retissage du lien, de la confiance qui va commencer.
Mettre en pratique
La mise en place de la médiation par les pairs
La mise en place d'une formation à la médiation par les pairs suppose au préalable de définir le projet et de s'assurer de sa faisabilité, de définir la formation nécessaire pour les personnels impliqués dans l'établissement, d'assurer le suivi et l'évaluation des actions entreprises par des praticiens de la médiation.
Le projet de médiation scolaire et sa faisabilité
  • Définir un projet qui s’inscrit dans le cadre du projet d’établissement afin d’en assurer la cohérence.
  • Avoir l’accord et la confiance du chef d’établissement.
  • Obtenir un financement du projet par l'Éducation nationale ou dans le cadre de la politique de la ville.
  • Obtenir une formation des personnels concernés dans l'établissement en faisant appel à des organismes agréés ou à des personnels de l'éducation formés à la gestion de conflit et à la médiation.
La formation des personnels
Le module de formation des membres de la communauté éducative, ses buts et ses contenus sont définis par l'établissement en relation avec un organisme agréé ou une personne ressource de l’éducation formée à la médiation pour répondre à des besoins spécifiques.

L'objectif est de constituer un groupe d'adultes médiateurs volontaires, capables à leur tour de former des élèves et de développer la médiation. Cette formation en établissement scolaire peut s'adresser à tous les acteurs de la vie scolaire. La formation à la gestion de conflit et à la médiation consiste à faire passer les éducateurs par les étapes qu'ils feront ensuite franchir aux jeunes de tous âges.

Ida Naprous : Les adultes ont besoin d'une formation à la médiation.
> Voir la video (MOV, 3 Mo)

Il s'agit donc d'une formation personnelle où certains exercices nécessitent une remise en question et exigent un réel investissement de la part des participants.
La supervision de médiateurs
L'activité des médiateurs adultes et des médiateurs élèves serait suivie par le formateur ayant mis en place le projet, à raison de réunions (environ deux heures par mois) afin de vérifier l’intégration des outils et des approches, d’effectuer une analyse des pratiques.

Madame Naprous explique les limites de la médiation et la nécessité de la présence d'un superviseur.
> Voir la video (MOV, 2,6 Mo)
L'évaluation du projet de médiation scolaire
L’élaboration d'outils d'auto-évaluation du projet de médiation scolaire dans l'établissement permettra de rendre compte de l’impact de la médiation scolaire sur le climat de l’établissement.
Des organismes de formation agréés
Les équipes pédagogiques des formations sélectionnées ci-dessous sont composées de chercheurs et de praticiens de la médiation qui préparent au diplôme universitaire de médiation.

IFOMENE (Institut de formation à la médiation et à la négociation) Paris
web : > www.icp.fr/

CNAM (Conservatoire national des arts et métiers), Paris
Approches des situations de médiation : de la pratique
Contact : Monique Lang
mél : > langm@cnam.fr
web : > www.cnam.fr/

Association Amely - Université de Lyon 2
Contact : Jean-Claude Robert
mél : > Jean-Claude.Robert@ish-lyon.cnrs.fr
web : > http://amely.ifrance.com/amely

Génération Médiateurs
Une association spécialisée dans la formation à la médiation scolaire
Contact : par régions
web : > www.gemediat.org/

Ces formations sont souvent longues ou/et coûteuses. Il existe quelques formateurs agréés au sein de l'éducation nationale.
Bibliographie sélective
Cette page présente des ouvrages et des sites pour en savoir plus sur la médiation scolaire. Leur lecture et leur consultation ne dispensent pas d'une formation solide à la médiation et à la communication non violente, car la pratique est nécessaire pour bien appréhender la démarche.
Ouvrages
La Médiation par les élèves
Bonafé-Schmitt Jean-Pierre
Paris : ESF, 2000.
Après avoir donné un aperçu de toutes les formes de médiation, l’auteur nous propose une étude sur la médiation scolaire dont il est l’un des pionniers. Au fil des chapitres, l’enseignant-chercheur dresse un état des lieux de la crise du système scolaire. Puis, il nous présente les différentes étapes de la mise en œuvre d’un projet de médiation scolaire, enfin une analyse des résultats de sa démarche, de ses difficultés.
Après avoir comparé la situation française à celle des États-Unis, Bonafé-Schmitt montre que la médiation peut être une alternative à la juridiciarisation des relations sociales, qu’elle peut participer au développement d’un accès au droit. Au bout du compte, le sujet du livre, à travers la médiation, dévoile le fonctionnement du système scolaire et propose une véritable révolution culturelle.

Contre violence et mal-être : la médiation par les élèves
Diaz Babeth ; Liatard Brigitte
Paris : Nathan, nouvelle édition, 1999.
Cet ouvrage, préfacé par André de Peretti, s'adresse aux éducateurs soucieux de préparer les jeunes à leur vie de citoyens en les formant à la gestion des conflits et à la médiation par les pairs. Il décrit les conditions nécessaires à la mise en place de la formation, ses principales étapes, les écueils à éviter et les satisfactions rencontrées.
C'est un véritable mode d'emploi à l'usage des chefs d'établissement, des conseillers principaux d'éducation, des enseignants et des surveillants, et, bien sûr, des parents. Face aux incivilités, il propose une méthode efficace destinée à prévenir la violence. Ce livre est le fruit d'une expérience menée par les fondatrices de Génération Médiateurs depuis 1993 en banlieue parisienne et dans divers établissements.

Vers une éducation à la médiation
Naprous Ida
Paris : inédit, 2005.
> Mémoire (PDF, 296 Ko) pour la formation de base du diplôme universitaire de l’IFOMENE (Institut de formation à la médiation et la négociation)
Dans la première partie, l’auteur, en s’appuyant sur les pionniers cités précédemment, montre en quoi la médiation par les pairs peut constituer un véritable projet pédagogique pouvant répondre aux « micro-violences », fréquentes dans les établissements scolaires. Mais cette approche nécessite une formation rigoureuse et un changement des mentalités pour « une école de la démocratie ». Dans la deuxième partie, elle montre que l’éducation à la non-violence et à la médiation, qui pourrait s’inscrire dans les cours d’éducation civique et les formations IUFM, contribuerait à l’État de droit.

Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs)
Rosemberg Marshall
Paris : éditions La Découverte, 2002.
Une communication de qualité entre soi et les autres est aujourd’hui une des compétences les plus précieuses. Par un processus en quatre points (distinguer les faits des jugements, exprimer ses émotions, avoir conscience de ses besoins pour poser sa demande), l’auteur met à notre disposition un outil très simple dans son principe, et extrêmement subtil et efficace pour améliorer radicalement et rendre authentique notre relation à nous mêmes et aux autres. Grâce à des histoires simples (en apparence), des dialogues et des exemples au quotidien, Marshall Rosenberg, élève de Carl Rogers, nous propose un chemin de liberté, de congruence et de lucidité.

Devenir son propre médiateur
Timmermans-Delwart Joëlle
Paris : Chronique sociale, 2004.
Dans cet ouvrage qui se veut une « boîte à outils », l’auteur, en s’adressant aux jeunes de 4 à 14 ans, nous propose des exercices ludiques (jeux et mises en situation, chants, théâtre, contes, cercles de parole et exercices corporels). Ainsi, elle fait appel aux approches de la médiation et de la communication non violente de Marshall Rosenberg, « bases d’une véritable culture démocratique ». Ce livre se présente comme un vrai défi à la violence, susceptible de prévenir partiellement de nombreux conflits de la vie d’adulte, d’apprendre à les transformer pour construire son autonomie.
DVD
Diaz Babeth ; Liatard Brigitte ; Malouet Philippe
Paris : association Génération Médiateurs, 2005. 200 min.
Pour Génération Médiateurs, la mission de l'école ne doit pas se limiter à enseigner des savoirs et des savoir-faire. Elle doit aussi éduquer, apprendre à savoir être avec les autres, à savoir vivre ensemble. Or cette socialisation ne s'improvise pas, elle passe par une éducation à une saine gestion des conflits. La médiation par les pairs se situe dans cette perspective d'apprentissage à la responsabilité et à la démocratie. L'idée qu'un jeune puisse être médiateur pour ses camarades commence à faire son chemin mais interrogations et objections restent nombreuses. Ce DVD interactif répond à ces nombreuses questions. Il est construit autour de quatre pôles : Informer et former, Témoigner, Théorie et histoires de paix, Travail en équipe.
Sites web
> Décennie internationale de la promotion d'une culture de non-violence et de paix
(www.decennie.org/)
[Consulté le 15 juin 2006]
Le 10 novembre 1998, l'Assemblée générale des Nations unies (http://fr.wikipedia.org/) proclamait la première décennie (http://fr.wikipedia.org/)(2001 à 2010) du XXIe siècle et du troisième millénaire. Décennie internationale pour la promotion d'une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde. Lire le texte de la résolution de l'ONU (www.nvpdecade.org/).

> Diverses approches de la médiation en milieu scolaire
(http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier/)
[Consulté le 15 juin 2006]
Avec une contribution de Françoise Rossetti-Herbelin (formatrice IUFM) sur les diverses approches de la médiation et des réflexions théoriques et pratiques de Jean-Pol Rocquet (IEN) sur le processus de médiation et le rôle de l’inspecteur notamment.

> Entretien avec Jean-Pierre Bonafé-Schmitt
(www.nonviolence-actualite.org/)
[Consulté le 15 juin 2006]
Dans cet entretien extrait de la revue de « Non-violence Actualités », centre de ressources sur la gestion des conflits, Jean-Pierre Bonafé-Schmitt défend l’idée de développer une « ingénierie de la médiation » afin de former des professionnels capables d'encadrer la mise en place de structures dans les écoles et les quartiers et d'aider les bénévoles à y exercer cette fonction avec un accompagnement et une évaluation. Ainsi, fonder les bases d’un nouveau « contrat social ».

> Génération Médiateurs
(www.gemediat.org/)
[Consulté le 15 juin 2006]
Génération Médiateurs : une association, fondée en 1993 par Babeth Diaz et Brigitte Liatard, qui forme des adultes à la gestion de conflits, qui eux-mêmes forment les élèves volontaires à la médiation à travers des jeux.

> Le site de la communication non violente
(http://nvc-europe.org/)
[Consulté le 15 juin 2006]
La communication non violente est un processus facilitant l'expression et la réception des messages d'autrui, même hostiles, de façon à reconnaître les sentiments et les besoins des individus. Cette compréhension empathique conduit à (r)établir les relations sur des bases d'authenticité, de clarté et de bienveillance.
À propos
Directeur de publication : Patrick Dion, directeur général du SCÉRÉN-CNDP

Dossier validé par : Le comité éditorial du site de l'éducation prioritaire

Chef de projet : Jean-Pierre Auclaire, département Ville et Education du CNDP

Auteur : Ida Naprous, enseignante et médiatrice (mediation.naprous@laposte.net)

Dessin : Faustine Gomand, élève de 4e du collège Anne-Frank, Paris

Suivi éditorial et réalisation : Service national des productions imprimées et numériques du SCÉRÉN-CNDP.

Révisions : Lucie Martinet

© CNDP
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