La médiation se situe au carrefour de plusieurs grands courants de pensée : l’approche non directive de Carl Rogers1, la théorie de la communication de Gregory Bateson2, la démarche systémique de l’école de Palo Alto avec Paul Watzlawick3, enfin la théorie de la négociation raisonnée de Fisher et Ury4.
L’idée de base est qu’il n’y a pas de vie sans conflit ; qu’un conflit n’est ni négatif ni positif. Un conflit, né d’une confrontation de besoins ou de valeurs, vécu comme un danger, une souffrance, est aussi une opportunité de changement. La médiation permet donc de transformer le conflit et, à travers lui, de se transformer5.
La médiation « par les pairs » en milieu scolaire signifie que les médiateurs sont des élèves, du même âge ou à peine plus âgés, formés à la médiation. Les élèves-médiateurs vont proposer leur aide aux protagonistes de disputes ou de bagarres et aux victimes de violence.
En mai 2006, les collégiens de l’atelier médiation du collège Anne Frank ont expliqué la médiation aux élèves de l’école élémentaire Saint-Bernard, dans le cadre de la mise en place d'un projet médiation (démarré à la rentrée scolaire 2007) dans cet établissement.
Depuis 1993, la médiation par les pairs est expérimentée par deux enseignantes de la banlieue parisienne, Babeth Diaz et Brigitte Liatard, auteures de Contre violence et mal-être, la médiation par les élèves (voir la bibliographie) et fondatrices de l'association Génération Médiateurs (www.gemediat.org/).
La médiation par les pairs, « enseignée comme une véritable matière », particulièrement aux États-Unis, les a encouragées à introduire cette méthode en France. Ses points forts sont l'intervention des médiateurs avant que le conflit ne dégénère et la certitude pour les médiés d'être compris par des camarades de leur âge et de pouvoir sauver la face.
L'expérience de Génération Médiateurs permet des bilans collectifs (baisse significative des conseils de discipline et des exclusions, amélioration de l'ambiance) et des bilans personnels (devenus adultes, les jeunes formés à la médiation disent l'accroissement de leur confiance en eux et l'apport dans leur vie relationnelle et professionnelle).
Par ailleurs, dans la région Rhône-Alpes, une recherche-action de grande ampleur a été menée dans des établissements scolaires de trois ZEP sous l’égide de Jean-Pierre Bonafé-Schmitt, chercheur au CNRS, auteur de La Médiation scolaire par les élèves (voir la bibliographie).
© DGESCO/SCÉRÉN-CNDP, 2010